Le mythe de la viande heureuse

Viande heureuse , abattage humain, animal élevé et tué avec amour et respect, local , petit producteur , viande dont je connais la provenance, viande bio sont les nouveaux mantras des consommateurs de viande plus consciencieux. Lorsque je parle de maltraitance animale ou que j’évoque les scandales dans les abattoirs révélés  notamment par L214  , la personne en face de moi me répond quasi systématiquement qu’elle consomme de la viande heureuse (alors que plus de 90% de la production de viande provient de l’élevage industriel – il y a comme un tout petit problème de chiffres).

Ce mouvement de viande heureuse est une opération de marketing destinée à rassurer les consommateurs et qui veille à ce que le débat social sur l’éthique animale se désintéresse de la question principale : pourquoi continuons-nous à manger des animaux alors que ce n’est pas nécessaire pour notre santé, que c’est un désastre écologique et que cela implique la souffrance et la mise à mort d’êtres sentients ?

En un sens , c’est positif , cela prouve que l’on prend de plus en plus conscience que tout comme nous, les animaux souffrent et il y a donc un certain malaise qui s’installe par rapport à la consommation de viande. D’un autre côté , cette parade de soit-disant viande heureuse est effrayante car elle permet de déculpabiliser certains à l’acheter et la consommer.

Voici en 6 points pourquoi la viande heureuse est un mythe:

1. Aucune certitude par rapport à la qualité de vie des animaux :

Bon nombre de petites fermes et petites structures dites humaines ont déjà été dénoncées pour maltraitance envers les animaux. Dites-vous que lorsqu’il y a de l’argent en jeu et des animaux qui n’ont aucun moyen de se défendre , le respect et l’amour sont rarement au rendez-vous. On se dit évidemment que les animaux ont une plus belle vie dans une petite structure que dans un élevage industriel : tout est mieux qu’un élevage industriel , cela ne signifie pas pour autant que c’est bien. En comparaison du pire , tout paraît beau.

2. Une mise à mort d’animaux très jeunes:

Aucun animal abattu pour la consommation de viande n’atteint un sixième de son espérance de vie naturelle. Presque tous les animaux d’élevage sont tués avant qu’ils n’aient atteint leur âge adulte – ils avaient encore toute la vie devant eux.img_4157

3. Les mêmes abattoirs :

Les animaux provenant de l’élevage industriel et ceux provenant de plus petites structures finissent tous dans les mêmes abattoirs – ces mêmes abattoirs où des scandales éclatent régulièrement pour maltraitance envers les animaux. Ils seront tués à la chaîne comme de vulgaires objets destinés à notre consommation sans aucune considération pour leur peur , leur souffrance , leur envie de vivre, etc .

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4. L’intention en tant que telle n’est pas humaine :

Elever des êtres vivants sensibles dans le seul but de les exécuter alors qu’ils sont encore jeunes et en pleine santé pour manger leur chair, n’a rien d’humain.

15800153_1818796595028907_2386103181699598989_oVisuel réalisé par Ours Bleu

5. Le mythe de la nécessité:

Tuer et manger des animaux serait nécessaire et justifierait donc l’abattage des animaux. Dans ce contexte là , les élever de la manière la plus humaine possible dans le but de les exécuter serait donc un mal nécessaire.

Nous mangeons des animaux par habitude, plaisir ou culture mais en aucun cas car c’est nécessaire pour notre santé ou survie. Les végétaux contiennent tous les apports nécessaires à l’homme et sont même bénéfiques pour notre santé.

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Toute forme d’exploitation dans l’histoire a toujours eu une explication culturelle ou historique. Nous avons catégoriquement rejeté l’argument de la tradition lorsqu’il s’agissait de droits humains : esclavage, torture , canibalisme etc. Pourquoi ne pas étendre cette considération au droit des animaux ?

6. L’animal n’est pas une ressource

L’élevage et l’abattage humains sont fondés sur la pensée qu’un animal ne tient pas à sa vie : un animal ne serait pas assez conscient ou intelligent que pour connaître la valeur de sa vie. On pense alors qu’un abattage qui limite la souffrance de l’animal est suffisant. Mais cette pensée est bien évidemment fausse. Un des points commun qu’a l’animal avec l’humain est qu’il se bat pour sa vie et pour celle de ses petits ou parfois de son entourage proche.

Accepter un abattage soit-qdisant humain revient à accepter que les animaux existent uniquement pour être notre ressource. Selon les scientifiques, les animaux ont un ensemble d’envie et de désirs complexes. Être une ressource pour l’humain n’en fait certainement pas partie.

Consommer de la viande tuée humainement ne veut absolument rien dire mais sert uniquement à rassurer les personnes de plus en plus touchées et conscientisées au sujet de la maltraitance animale et qui sont conscientes que tout comme nous, les animaux souffrent et désirent vivre.

Peace ,

J.

Sources :

https://www.swissveg.ch/vie?language=fr

https://secure.peta.org/site/Advocacy?cmd=display&page=UserAction&id=6217

http://www.cahiers-antispecistes.org/la-viande-heureuse/

https://www.l214.com/elevages

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